Chauffage au bois : écologique ou pas écologique?

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Chauffage au bois

Se chauffer au bois pollue-t-il ?

Au moment où le prix des énergies pour le chauffage explose, le bois apparaît pour beaucoup comme une solution moins onéreuse, à juste titre. Selon la base Pégase du Ministère de l’énergie, le prix TTC pour 100 kWh de bois est seulement de 5,59 € contre 17,93 € pour l’électricité. Le gaz naturel et le fioul complètent dans ce classement le trio de tête des énergies les moins chères.

Si l’argus officiel 2018 du prix des énergies du chauffage révèle des chiffres sensiblement différents, le bois – bois déchiqueté, bûches, granulés en vrac, granulés en sac – reste l’énergie la moins chère après le solaire. La question du prix n’est pas le seul critère à prendre en compte. Dans un contexte délicat de réchauffement climatique, l’impact environnemental du bois est un aspect essentiel. Alors, est-ce que se chauffer au bois est nocif pour la planète ?

Le bois répond aujourd’hui mieux aux enjeux de la qualité de l’air

L’étude du CERIC « Impact de la qualité du combustible bois bûche et de l’évolution du parc d’appareils à bois sur la qualité de l’air » confirme les bons résultats de la commission de chauffage au bois du SER (Syndicat des Énergies Renouvelables) : « les émissions de particules les plus fines (PM2.5) ont été réduites de 40 % en grande partie grâce aux évolutions techniques réalisées sur les appareils et au renouvellement du parc vieillissant ».

chauffage au bois
chauffage au bois

Un parc à améliorer

Si la filière bois a encore mauvaise presse aujourd’hui, c’est qu’il existe une très grande disparité entre les appareils de chauffage : cheminée ouverte, vieux inserts, anciens modèles de poêles à bois, nouvelles cheminées à foyer fermé, modèles récents de poêles à granulés, etc.
Or, avec une moyenne de 15 années, le parc domestique n’est pas performant. Il contribue à la mauvaise qualité de l’air, émettant de nombreux polluants lors de sa combustion : CO, COV, particules fines, oxydes d’azote, etc. Le rendement et la qualité de la combustion des cheminées et poêles à bois influe directement sur la pollution.

Alors que le rendement d’une vieille cheminée ouverte ne dépasse pas 15%, les derniers modèles de chaudières à bois offrent des rendement dépassant les 90% ! Ce qui a une incidence directe sur les émissions de particules fines selon l’avis de l’Ademe ‘Bois Énergie et qualité de l’air’ :

  • foyer ouvert antécédent à 2002 émet 97 kg de particules primaires/an ;
  • un foyer fermé antécédent à 2002, 91 kg ;
  • foyer fermé de 10 ans émet environ 8 kg/an ;
  • un foyer dernière génération labellisé ‘Flamme Verte 6 étoiles’, seulement 2 kg/an !

En remplaçant le parc domestique ancien, l’ADEME estime que l’émission de particules serait divisé par 5.

Le bon usage des appareils ainsi que la qualité du bois utilisé sont d’autres paramètres pour limiter les émissions de particules. IL faut utiliser du bois très sec (moins de 20% d’humidité relative), sans produits chimiques…

 

Le label Flamme Verte

Mis en place par l’ADEME en 2000, ‘Flamme Verte’ labellise les appareils de chauffage au bois selon leurs performances et sécurité. En fonction de leurs rendement et émissions polluantes, les appareils (chaudières, inserts, poêles) sont accrédités d’étoiles.

Depuis janvier 2018, le label ‘Flamme Verte’ n’est attribué qu’aux appareils :

  • 6 étoiles
    1. bois bûche
    : rendement énergétique ≥ 75%, émissions de monoxyde de carbone ≤ 0,15% et émissions de particules fines ≤ 50 mg/Nm3
    2. granulés : rendement énergétique ≥ 86%, émissions de monoxyde de carbone ≤ 0,03% et émissions de particules fines ≤ 40 mg/Nm3
  • 7 étoiles
    1. bois bûche : rendement énergétique ≥ 75%, émissions de monoxyde de carbone ≤ 0,12% et émissions de particules fines ≤ 40 mg/Nm3
    2. granulés : rendement énergétique ≥ 87%, émissions de monoxyde de carbone ≤ 0,02% et émissions de particules fines ≤ 30 mg/Nm3;

Les pouvoirs publics ont mis en place des Plans de Protection de l’Atmosphère (PPA) par région afin d’atteindre, dans les agglomérations de plus de 250 000 habitants, les seuils en vigueur. Incitatifs trop souvent, ces plans sont insuffisants pour limiter les émissions de particules fines. Le bois continue de représenter, dans de trop nombreuses régions, une source majeure d’émission de particules fines en suspension. Cela impacte fortement notre santé respiratoire et cardiovasculaire.
Certains préconisent la présence obligatoire, comme en Allemagne, de filtres à particules.

Auteur : Camille J.